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Citoyenneté dans l’entreprise
Les cadres, relativement peu engagés, n’ont pas de véritable espace collectif et international pour construire une pensée sur leur responsabilité et réfléchir aux conditions de son exercice, de manière individuelle ou collective.
Le projet de manifeste pour la responsabilité sociale des cadres a été lancé en 2002 par la CFDT Cadres et la Fondation pour le progrès de l’homme (FPH), rejoints ensuite par d’autres partenaires qui l’ont co-signé : l’Ugict-CGT (Union des ingénieurs et techniciens CGT), le Centre des jeunes dirigeants et acteurs de l’économie sociale, le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise, l’Ecole du management de Paris et ISF (Ingénieurs sans frontières).
Extraits du manifeste :
"Les scandales financiers qui frappent chaque jour les entreprises multinationales, les crises sanitaires et alimentaires qui ont secoué les pays de l’Union européenne ces derniers temps, les invitent pourtant à partager leur savoir avec les autres salariés et leurs concitoyens. En raison des connaissances qu’ils détiennent, les cadres sont directement interpellés par la demande sociale de maîtrise des enjeux de la mondialisation économique. Leur expertise doit trouver des lieux de confrontation avec les attentes de la société, pour construire des réponses appropriées aux incertitudes engendrées par la techno-science, comme par la globalisation des enjeux économiques et sociaux.
L’objectif de signer ce manifeste consiste à créer un espace de débat sur la responsabilité sociale des cadres qui s’enrichirait des différences et qui conduirait à donner collectivement du sens aux actions en organisant la confrontation d’idées et d’expériences individuelles sur le lieu de travail et en dehors de celui-ci.
Les cadres en entreprises n’ont pas de réel droit à une parole différenciée et alternative, n’arrivent pas à risquer individuellement cette parole pour interroger les critères de décisions auxquelles ils n’ont pas toujours participé mais qu’ils sont souvent chargés de mettre en œuvre. Les politiques des entreprises, le pilotage stratégique par les coûts, en particulier, induisent des contraintes que les cadres assument au prix de contradictions vécues individuellement. Ils sont conduits à faire des choix, entre la morale et le respect des ordres donnés, entre la sécurité et l’efficacité, entre leur conscience citoyenne, la prospérité de leur entreprise et leur avenir professionnel.
De nos jours, l’écart existant entre la réalité de la responsabilité des cadres et la conscience qu’ils en ont semble se creuser pour deux raisons : en premier lieu, parce que leur formation les prépare de moins en moins à réfléchir à des questions comme le dialogue interculturel, la responsabilité sociale des entreprises, les évolutions de la société et l’impact des avancées de la recherche scientifique sur cette évolution. En second lieu, parce que les cadres ne disposent pas d’espaces publics pour élaborer une réflexion collective sur leur responsabilité et réfléchir aux conditions de l’exercice de cette responsabilité.
C’est pourquoi il devient indispensable que la citoyenneté des cadres soit explicitement reconnue sur leur lieu de travail par un droit d’intervention et d’initiative, droit reconnu d’expression pouvant aller dans certaines situations jusqu’au droit de refus ou d’opposition, sans leur faire encourir des représailles ou des sanctions. C’est au risque de la libre expression que peut se construire l’intérêt général. "
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Info en ligne depuis le 31 mars 2004
Mise à jour le 31 mars 2004
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