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Jusqu’où ira le neuromarketing ?

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Tout est bon pour nous pousser à l’achat : les scientifiques apportent leur concours aux firmes en décodant les rouages du cerveau humain.

Extrait d’un article d’Alternatives Economiques, par Dorothée Benoît-Browaeys, n°N° 232, janvier 2005 :

""Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible", reconnaissait Patrick Lelay, PDG de TF1, dans un livre paru en juin dernier. L’objectif d’un patron de chaîne télévisée est de « divertir, détendre le téléspectateur pour le préparer entre deux messages publicitaires ». Le propos a le mérite d’être clair. Il s’articule parfaitement avec le formidable effort réalisé actuellement par les publicitaires, qui mobilisent de plus en plus les neurobiologistes. Ces experts du cerveau les aident à tirer les ficelles des décisions d’achat et à trouver des moyens de pousser encore davantage les consommateurs à ouvrir leurs porte-monnaie. Ainsi se développe le neuromarketing. Pour accroître l’efficacité des campagnes publicitaires, les scientifiques repèrent, par imagerie cérébrale, les signaux (visuels, sonores…) qui déclenchent le plus d’envie, de plaisir…

Les grands groupes comme L’Oréal, Altadis ou Camel testent ces outils d’investigation cérébrale depuis une dizaine d’années. Levi-Strauss, Alcatel, Ford ou encore Delta Airlines investissent, eux aussi, dans ces méthodes pour affiner leurs stratégies commerciales.

Cette coopération entre scientifiques du cerveau et gens du marketing se structure autour d’alliances locales entre laboratoires publics et firmes privées.

[...] la frontière entre simple amélioration des techniques publicitaires et volonté d’asservissement des clients potentiels devient désormais ténue.

Les clients [de ce genre de cabinet d’études en France] sont aussi variés que Nestlé, SFR, la Société générale, SEB, Le Monde, Urgo, Humex ou encore Lacoste. On y trouve surtout le Syndicat national de la publicité télévisuelle (SNPTV), qui exploite les études d’Impact Mémoire ! pour confirmer que 56 % des messages publicitaires s’incrustent bien grâce à la télévision dans le cerveau des téléspectateurs. Claude Cohen, présidente de ce syndicat, est d’ailleurs aussi présidente de… TF1 publicité.""

Lire l’article intégral en ligne.

Lire aussi :

- De la misère humaine en milieu publicitaire.

- "Des cerveaux disponibles", par Marie Bénilde. Le discours pseudo-scientfique des neurosciences au service des marques :

"Sous l’influence des gros annonceurs et de leurs milliards d’euros, les professionnels sont néanmoins convaincus que le talent des « créatifs » ne suffit plus. Il faut désormais conférer aux messages de publicité la valeur d’une vérité quasi scientifique. Plusieurs disciplines, comme la psychologie, la sémiologie ou la sociologie, oeuvrent aujourd’hui au service de cet « art de persuader » dont se réclame la publicité".

 

Publié le 4 février 2005
Mis à jour le 10 novembre 2008
Article consulté 1283 fois.

 

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