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Une banane au goût amer

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La culture intensive de la banane a un coût social et environnemental élevé en Amérique latine

Sommaire :

  • Que peut-on faire ?
  • En savoir plus
  • Chiquita : bananes indigestes
  • La banane est le fruit le plus produit au monde.
    Son poids sans la vie politique et économique des pays sud-américains est décisif :

    "Les invasions, les coups d’État et les dictatures qui ont eu lieu en Amérique centrale, avec l’appui des États-Unis, ont presque toujours été liés aux intérêts des sociétés bananières nord-américaines dans la région. Les « républiques bananières » ont été le résultat de ces interventions, qui ont impliqué des violations généralisées des droits humains. Les forêts riches en biodiversité ont été détruites et supplantées par des rangées sans fin de bananiers génétiquement identiques poussant dans un environnement contaminé qui empoisonne les gens et la nature." [1]

    Le commerce mondial des bananes, contrôlé quasi exclusivement par trois sociétés transnationales (Chiquita, Dole Food Company, Del Monte Fresh Produce) [2], est une véritable catastrophe écologique et sociale pour de nombreux pays d’Amérique latine.

    L’utilisation des pesticides, sur d’immenses surfaces déboisées, y est impressionnante [3]. Les travailleurs ne peuvent protéger leur santé [4] ni défendre leurs droits sociaux.
    Près du tiers des bananes vendues dans le monde proviennent de l’Equateur, où les droits fondamentaux sont piétinés, les salaires trop bas pour assurer le minimum vital. Des enfants sont employés dans les plantations, parfois dès 8 ans. La durée de travail est de dix à douze heures par jour, six jours sur sept.

    Les multinationales responsables commencent à réagir, sous la pression internationale, multipliant les certifications sont l’objectivité est largement contestée [5].

    Etes-vous prêts à payer à ce prix vos bananes un peu moins cher ?

    Que peut-on faire ?

    "Appel à l’action du consommateur" à l’initiative d’Artisans du monde :

    "Chacun peut faire la différence. Des changements très simples dans notre vie auront un impact important sur la vie des producteurs et de leurs familles dans les pays plus pauvres. Plusieurs possibilités sont offertes.

    - Les bananes du commerce équitable sont déjà disponibles dans les supermarchés aux Pays-Bas et en Suisse (les Helvètes achètent 37% des bananes équitables vendues autour de la planète). Elles sont également disponibles dans les Magasins du monde Oxfam et dans les supermarchés en Belgique. Elles devraient l’être bientôt au Danemark et au Royaume-Uni. Parallèlement, les consommateurs peuvent choisir des bananes "peu esthétiques" provenant des Caraïbes et d’Afrique. Elles sont plus petites, couvertes de tâches et d’imperfections, mais produites dans des conditions moins nuisibles pour l’environnement et les êtres humains.

    - Ecrire aux supermarchés locaux ou aux magasins pour demander s’ils ont l’intention de vendre des bananes du commerce équitable. Les supermarchés, qui vendent la plus grande partie des bananes dans les pays européens, peuvent répondre aux préoccupations des consommateurs en poussant les compagnies de banane à agir correctement.

    - Ecrire à Chiquita, Dole, Del Monte et Fyffes et exprimer ses préoccupations à propos de l’utilisation de produits chimiques, et de l’interdiction des syndicats. Les consommateurs font vivre toutes les compagnies alimentaires. Elles doivent écouter leurs préoccupations.

    - Les syndicats sont la garantie à long terme du respect des droits fondamentaux des travailleurs. Le consommateur peut participer aux actions urgentes, aux campagnes de pétitions et de cartes postales menées par les syndicats et les ONG pour défendre les droits de base des êtres humains et des travailleurs dans les pays producteurs.

    Euroban, "European Banana Action Network", milite pour améliorer les conditions de vie des travailleurs agricoles des plantations et des petits producteurs. Il rassemble 35 associations et syndicats et 13 pays européens. En France, son action est notamment relayée par la CGT et Peuples solidaires. Régulièrement, le Réseau solidarité de Peuples solidaires mène des campagnes de lettres pour soutenir les actions des travailleurs et des syndicats en Amérique latine.

    En savoir plus

    A lire, deux bons résumés de la situation :

    - "Les plantations de bananes en Amérique" latine, Bulletin n° 85 du "World Rainforest Movement" (WRM, août 2004).

    - "Une banane au goût amer", Alternatives économiques n°232, janvier 2005.

    Pour approfondir, les dossiers de :

    - Artisans du monde

    - Made in dignity

    Et aussi :

    - La récente enquête d’ABE et un résumé dans "Le courrier" suisse.

    Chiquita : bananes indigestes

    Avec 115 exploitations bananières et une présence dans les magasins de plus de 60 pays, Chiquita se place en tête du marché mondial de la banane, ex-aequo avec son principal concurrent, Dole. Sous la pression grandissante des consommateurs, Chiquita se vante désormais de promouvoir des produits qui répondent à des critères sociaux et environnementaux.
    Pourtant, dans la plantation de Coyol(4), au Costa Rica, la Compañia Bananera Atlántica Limitada (COBAL), succursale de Chiquita, met la santé de ses travailleurs en péril et viole leurs droits fondamentaux en toute impunité.

    - Participez à la Cyber @ction lancée le 21 mai 2007

    - Lire aussi : "Colombie : Chiquita se paye des paramilitaires" sur HNS-info.

    "Les Etats-Unis ont condamné à des amendes Chiquita Banane pour financer des paramilitaires colombiens. La décision a été très critiquée par des groupes de défense des Droits Humains qui espéraient une accusation criminelle. L’entreprise a été accusée de poursuivre des syndicalistes."

     

    Publié le 6 février 2005
    Mis à jour le 10 novembre 2008
    Article consulté 3823 fois.

     


    Notes :

    [1] Bulletin n°85 du WRM

    [2] "Chiquita, Dole, Del Monte,… violent les droits de l’Homme.
    Chiquita est connue tant pour ses belles bananes bien jaunes à la petite étiquette bleue que pour ses violations répétées des droits des travailleurs et son non respect des normes environnementales les plus élémentaires. Cette compagnie, anciennement la United Fruit, s’est aussi rendue célèbre auprès du public pour ses versements de pots-de-vin dans les pays d’Amérique centrale ou sa participation au coup d’état au Guatemala. Cependant, en matière de non respect de l’environnement et de violations des droits fondamentaux des travailleurs, Chiquita n’a pas le monopole. C’est malheureusement une constante dans les grandes plantations bananières. Chiquita, Dole, Del Monte, Fyffes… bafouent les droits de l’Homme et sacrifient l’environnement au nom du profit". Source : Made in dignity.

    [3] Ces pesticides sont appliqués en permanence durant les dix mois de la période de croissance. Les travailleurs continuent de travailler pendant la période d’épandage, sans aucune protection.

    [4] Des études menées par l’Université nationale d’Heredia, au Costa Rica, révèlent que les taux d’empoisonnement par pesticides sont trois fois plus élevés dans les régions bananières que dans le reste du pays. On a découvert également chez les travailleurs des bananeraies une incidence croissante du cancer et de la stérilité.

    [5] Lire : "Une banane au goût amer", Alternatives économiques n°232, janvier 2005

     

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