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« La publicité peut nuire gravement à l’environnement » Mais que fait le BVP ?

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Une campagne de L’Alliance pour la Planète

L’Alliance présente sur son site internet une sélection de publicités concernées et les commentaires qui démontrent l’abus de l’argument écologique au regard de la loi ou des recommandations du BVP.

Sommaire :

  • Communiqué de presse de L’Alliance
  • Plus d’infos sur le thème "publicité et environnement"
  • La gare de Lyon : une concession automobile ?
  • SNCF : "A nous de vous faire préférer l’avion !"
  • Mise à jour février 2008 : Réforme de la régulation publicitaire : Beaucoup de Vent Pour…rien
  • Mise à jour avril 2008 : le BVP s’oppose à une campagne en faveur de la réduction des déchets
  • Communiqué de presse de L’Alliance

    Le 4/12/2006 :

    "L’Alliance pour la Planète, collectif de près de 80 mouvements, associations et ONG, milite pour une meilleure et réelle prise en compte de l’environnement en France. Cette semaine, elle engage son action « Publicité et environnement » afin que soit limité et contrôlé l’impact de la publicité sur l’environnement et stoppé l’utilisation abusive de l’argument écologique :

    - à travers le lancement d’un dossier complet sur le site Internet www.lalliance.fr

    - en interpelant les pouvoirs publics et les acteurs professionnels.

    Compte tenu de la situation d’urgence écologique actuelle et de la multiplication des risques graves pour la santé publique due à nos modes de production et de consommation, l’Alliance pour la Planète considère qu’elle est en droit d’exiger des entreprises et des annonceurs qu’ils respectent la loi et leur propre déontologie en matière d’environnement. Pour ce faire, un contrôle efficace des activités publicitaires est nécessaire.

    Des pratiques de blanchiment écologique

    De plus en plus de publicités utilisent abusivement l’argument écologique pour vanter comme "bon pour l’environnement" des activités et des produits en réalité polluants ou dont le bilan écologique est négatif. Ces publicités peuvent être abusives voire mensongères, ne pas respecter la législation, ni même les propres recommandations écologiques et de développement durable du BVP (Bureau de Vérification de la Publicité), organisme interprofessionnel d’autodiscipline en la matière.
    Ces publicités, qui ne font souvent que camoufler le peu d’efforts consentis par beaucoup d’entreprises au regard des enjeux écologiques actuels, montrent par ailleurs leur peu de volonté et d’empressement à adopter un comportement écologiquement responsable. En donnant une image « verte » à des entreprises, des services et des produits qui ne le sont pas, ce "blanchiment écologique" (greenwashing) des activités industrielles et commerciales minimise et banalise la nécessité impérative de changer nos comportements de consommation.
    En outre, ce blanchissement participe directement à la désinformation des consommateurs et contrecarre les efforts importants de sensibilisation faits en ce sens par les associations, par les pouvoirs publics (ADEME par exemple) ; il dilue également la démarche de progrès déjà initiée par quelques entreprises courageuses.
    L’impact environnemental des publicités ne s’arrête d’ailleurs pas au contenu de leur message : de nombreuses publicités sont dommageables pour l’environnement par nature (prospectus, éclairages « énergivores », paysages dégradés, etc.), voire enfreignent manifestement le code de l’environnement (affichages publicitaires illégaux, par exemple). Leurs moyens-mêmes de réalisation peuvent aussi être très polluants : voyages de repérages, déplacements en avion, prises de vues par hélicoptère...

    Aujourd’hui, l’Alliance pour la planète dénonce le caractère irresponsable de ces publicités ainsi que l’immobilisme du BVP dans la régulation de ces activités. Elle saisit les autorités publiques et demande une réglementation de l’usage de l’argument écologique, un renforcement radical du système de contrôle des publicités, la limitation des publicités pour les produits les plus polluants et les plus « énergivores » ainsi que la limitation de l’impact des activités publicitaires sur l’environnement.

    Pour alerter les pouvoirs publics, l’opinion et le secteur publicitaire, l’Alliance présente sur son site internet (www.lalliance.fr) une sélection de publicités concernées et les commentaires qui démontrent l’abus de l’argument écologique au regard de la loi ou des recommandations du BVP.

    Revoir la règlementation, une nécessité

    L’Alliance pour la planète estime nécessaire la mise en place d’une règlementation de l’usage de l’argument écologique et d’une limitation des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus « énergivores ». En effet, en dépit de son rôle affiché de régulateur, le BVP - une association des professionnels de la publicité - n’empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur construit sur l’argument écologique. Les recommandations faites par le BVP ne sont pas contraignantes pour l’annonceur. Leur violation n’implique aucune sanction. De ce fait, l’Alliance pour la planète demande que soit institué un organisme public indépendant doté de l’autorité et des moyens nécessaires pour sanctionner les dérives de la publicité en matière d’environnement."

    - Plus d’infos sur le site de l’Alliance.

    - Voir aussi : Le BVP censure un spot anti-corrida.

    Plus d’infos sur le thème "publicité et environnement"

    - sur le site Réseau Eco-consommation, des "Observations sur la publicité" mises en ligne en janvier 2007, suite à cette action : "De septembre à novembre dernier, nous vous invitions à repérer et commenter les publicités vous semblant choquantes d’un point de vue environnemental ou à cause du lieu où elles étaient situées.".

    - "Contrôler la publicité pour sauver l’homme et la planète ?"
    Dans cette tribune du 23 avril 2007, Thomas GUÉRET et Claude GOT défendent l’idée d’un encadrement règlementaire de la publicité pour protéger l’environnement et la santé publique. Bizarrement, elle a été refusée par Le Monde, journal "indépendant", notamment des intérêts publicitaires comme chacun sait...

    La gare de Lyon : une concession automobile ?

    Par Agir pour l’Environnement, Réseau Action Climat, R.A.P., France Nature Environnement, FNAUT.

    "Paris, le 02 mars 2007 : Après l’installation d’une bâche gigantesque faisant la promotion d’un 4x4 Fiat, la SNCF met actuellement la gare de Lyon au service de deux autres constructeurs de 4x4, Honda et Mitsubishi, dont un véhicule particulièrement climaticide, rejetant plus de 250 grammes de CO2 par km urbain, est présenté in situ. La gare du Nord n’est pas épargnée puisqu’une immense bâche pour un 4x4 et une autre pour ExxonMobile y sont également apparus récemment !

    Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat France, France Nature Environnement, Résistance à l’Agression Publicitaire et la Fédération Nationale des Associations des Usagers de Transport dénoncent cette profusion publicitaire qui sature les voyageurs de stimuli commerciaux. Alors que la place faisant face à la gare de Lyon vient enfin d’être libérée du tout-voiture, la SNCF s’échine à vendre des 4x4 à l’intérieur même de la gare !

    Au regard de ses propres intérêts d’entreprise de transport public et de l’urgence climatique, l’attitude de la SNCF a de quoi surprendre et choquer. Loin de toute stratégie de développement durable, la SNCF se transforme implicitement en concessionnaire automobile, au bénéfice exclusif de ses concurrents !

    Les associations demandent à la direction de la SNCF de faire enlever immédiatement le stand présentant le 4x4 de Mitsubishi et présent dans le hall d’accueil de la gare de Lyon. Les associations demandent à être reçues par les responsables de la SNCF afin qu’il soit mis un terme à ces dérives publicitaires répétées. "

    - Source : lettre d’info de Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) mars 2007.

    SNCF : "A nous de vous faire préférer l’avion !"

    De plus en plus souvent, la newsletter de la SNCF, qui devrait parler... du train, ne propose plus que offres de voyage en avion.

    Et pas seulement sur les longues distances, mais également pour des destinations tout à fait accessibles en train.

    Mise à jour février 2008 : Réforme de la régulation publicitaire : Beaucoup de Vent Pour…rien

    "Le 06 Février 2008,

    [...] Conscient du rôle de la publicité dans le développement d’une consommation responsable, Jean-Louis Borloo, à l’issue du Grenelle de l’Environnement, avait pris deux engagements : encadrer de façon plus stricte la publicité dans son utilisation de la thématique environnementale et faire évoluer le système de régulation publicitaire vers une logique de corégulation avec une nouvelle instance.

    Après trois réunions du groupe de travail « publicité responsable » – alors que les ONG ont plusieurs fois réclamé une refonte du système passant par la création d’une haute autorité indépendante ou au moins la mise en place d’un système partenarial donnant aux représentants de la société civile une place pleine et entière – les pouvoirs publics ont réduit les solutions possibles au seul projet présenté par l’actuel BVP. [...] le projet du BVP « d’autorégulation de la publicité ouverte et concertée » n’offre aucune des ruptures permettant l’émergence d’un système de corégulation innovant comme cela avait été décidé dans les conclusions du Grenelle de l’Environnement. Comme à chaque fois qu’il doit affronter une remise en cause du principe d’autorégulation, le BVP propose des aménagements marginaux qui n’ont pour unique finalité que d’occulter l’essentiel : la remise en cause de la gouvernance actuelle de la régulation publicitaire et la place nécessaire à accorder à la société civile. L’Alliance pour la Planète a donc décidé de mettre un terme à sa participation à un groupe de travail qui s’est orienté délibérément dans la mauvaise direction. [...] L’Alliance pour la Planète relancera dans les prochaines semaines son observatoire indépendant de la publicité (OIP) au sein duquel elle souhaite associer associations de consommateurs, annonceurs, agences et média ayant en commun l’envie et la volonté de concilier esprit d’entreprise, respect du consommateur et préservation de la planète."

    - Lire l’intégralité du communiqué sur le site du WWF.

    Mise à jour avril 2008 : le BVP s’oppose à une campagne en faveur de la réduction des déchets

    Le BVP n’est pas mort : il continue a agir contre l’environnement !

    Communiqué de la FNE (Fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement)

    "Alors que dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’Etat signera vendredi, avec les annonceurs, une charte d’engagement et d’objectifs pour une publicité éco-responsable et une réforme du Bureau de Vérification de la Publicité (BVP), ce dernier vient de s’illustrer en s’opposant à une campagne en faveur de la réduction des _ déchets ! Explications.

    Par une lettre du 5 mars, le BVP recommande à l’agence de publicité du SMICTOM des Châtelets (collectivité costarmoricaine en charge des déchets) de ne pas diffuser des visuels incitant les citoyens à exercer des choix de consommation permettant de satisfaire les mêmes besoins en générant moins de déchets.

    Parmi les messages « coupables » : des incitations à privilégier les produits réutilisables par rapport aux produits à usage unique (ex. rasoir à lames remplaçables versus rasoir jetable), les produits sans emballages (ex. eau du robinet versus eaux embouteillées) ou encore les alternatives simples (ex. : serpillière versus lingettes). Rappelons au passage qu’un des engagements du Grenelle a pour objectif de « taxer les produits fortement générateurs de déchets ».

    « Alors que le BVP a par le passé fait preuve d’un certain laxisme envers certains annonceurs, en invoquant des manques de moyens et un rôle uniquement consultatif, il est scandaleux, de le voir s’opposer à des messages éco responsables émis par une collectivité en direction des citoyens » souligne Bruno Genty, responsable du dossier déchets pour la fédération France Nature Environnement. « Le BVP ferait bien de mettre son énergie à défendre une publicité éco responsable et non une publicité éco alibi ! ».

    Il ajoute : « Ce n’est pas aux marchands de dicter –ni même de suggérer- aux collectivités et aux citoyens ce qu’ils peuvent dire ou penser. Conseiller les citoyens afin qu’ils puissent réduire leur production de déchets est une action éco-responsable jusqu’à preuve du contraire ! ».

    - Le communiqué en PDF.

    - Voir dossier de presse de la FNE (PDF).

     

    Publié le 30 janvier 2007
    Mis à jour le 18 avril 2008
    Article consulté 2770 fois.

     

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